L’arganier
date de tertiaire, il est très anciennement connu au Maroc.
Décrit en 1219 par IBN EL BEITAR célèbre médecin égyptien dans
son ouvrage « Traité des simples » traduit par le
docteur
L.
LECLERC ou il a mentionné que cette plante est récoltée au Maroc
et a décrit le mode d’obtention artisanal de l’huile, puis en
1515 par Léon l’africain dans son livre « description de
l’Afrique », il parle de l’huile extraite de l’arganier
comme étant une mauvaise odeur et servant pour l’alimentation
et l’éclairage.
Certaines
sources indiquent que les phéniciens ont connu l’arbre et ont
utilisé son huile dans les comptoirs qu’ils ont fondés tout
au long de l’océan atlantique en particulier dans la région
d’Essaouira (Mogador).
En
outre, les récits des voyageurs et des agents consulaires anglais
au Maroc révèlent que les forêts d’arganiers étaient très denses
et s’étendaient du nord de Safi au confins du Sahara.
C’est
un arbre oléagineux spécifiquement marocain. L’arganier a connu
un début d’acclimatisation en Hollande au 17° siècle (1697),
en Allemagne au 18° siècle (1711), dans le midi de la France
au 19° siècle (1852) et en Amérique (Californie du sud et Illinois)
au début du 20° siècle (1927). Actuellement la Tunisie et la
Libye ( Golfe de Syrie) et Israël tentent de l’introduire.
En
1838 LINNE (38) baptisa l’arganier marocain sous le nom de « Sideroxylon
spinosum ».
B- Caracteres botaniques de l’arganier :
L’arganier
est un arbre sauvage pouvant dépasser 10 m, son aspect rappelle
celui de l’olivier, son tronc est noueux, souvent formé de plusieurs
tiges entrelacées, la ramification commence à environ 1 m du
sol, les branches à rameaux très étalés sont à extrémités épineuses
(38) (Figure 1).
Les
feuilles sont alternes coriaces lancéolées, vert sombre en dessus
vert plus clair en dessous (Figure 2).
Les
fleurs ont en couleur jaune verdâtre en glomérules à l’aisselle
des feuilles elles ont 5 sépales poilues et 5 pétales verdâtres
profondément séparées. Elles sont hermaphrodites. La floraison
a lieu au mois de Mai.
Les
fruits (Figure 3) sont des baies ovoïdes vertes, striées de
rouge, de taille d’une grosse olive. Leur mésocarpe contient
un suc laiteux qui s’épaissit au contact de l’air. Ils sont
le plus souvent un noyau, plus rarement deux voir trois, à coque
épaisse, dure et très lisse et de couleur brune pâle, les noyaux
renferment une seule amande oblongue dont l’albumen charnu est
oléagineux. Le fruit entier se compose de 43 % de péricarpe,
52.5 % de coque et 4.4 % d’amande (37). Le fruit met une année
à mûrir.
c- Habitat et répartition géographique :
L’arganier
véritable paradoxe phytogéographique, est un arbre endémique
du Maroc à affinité tropicale. Il constitue un reliquat du tertiaire
et souligne des relations évidentes entre les îles Canaries
et la côte du sud Marocain (30). Quelques individus sont répertoriés
au Brésil et certains auteurs y voient une relation avec la
théorie des dérives des continents.
L’aire
géographique de l’arganier couvre 830 000 Ha, compris entre
le 29 ème degré et le 32 ème degré de latitude Nord. Elle longe
en bande étroite le littoral atlantique à partir d’Essaouira
et s’élargit dés son entrée dans la vallée de Souss où ce végétal
représente 71 % des surfaces forestières (70) ( voir carte du
Maroc : Figure 4).
L’arganeraie
occupe tout l’étage semi-aride du littoral, l’étage aride du
Souss et enfin la bordure saharienne qui représente le stade
régressif de l’arganeraie.
Cependant
il existe des colonies d’arganiers à des endroits où ils ne
sont pas attendues. Ils sont témoins d’une extension ancienne
de l’aire.
Les
auteurs s’accordent à dire que l’arganier est apparu depuis
le crétacé supérieur, époque à laquelle il se serait répandu
sur une grande partie du pays. Puis au quaternaire, l’arganier
aurait été refoulé au sud-ouest par la dernière invasion glaciale.