
LE CAIRE (© 2011 AFP) - Un Egyptien a été condamné samedi au Caire à
trois ans de prison assortis de travaux forcés pour avoir insulté
l'islam dans des propos publiés sur Facebook, a rapporté l'agence
officielle Mena.
Le tribunal du Caire a reconnu Ayman
Youssef Mansour coupable d'avoir "intentionnellement insulté, attaqué et
tourné en ridicule la dignité de la religion islamique" sur Facebook, a
précisé la Mena.
Le tribunal a considéré que les insultes
visaient "le noble Coran, la vraie religion islamique, le prophète de
l'islam et les musulmans, d'une manière calomnieuse", a ajouté l'agence.
M. Mansour avait été arrêté en août, la
police l'ayant retrouvé grâce à ses coordonnées internet.
La Mena ne
précise pas sa religion, mais rapporte que le tribunal a insisté sur le
fait que "tous les membres des religions" étaient "obligés de tolérer
l'existence des autres".
En Egypte, la loi interdit les insultes à
la religion. Elle a souvent été utilisée par le passé pour poursuivre
des musulmans chiites dans un pays à grande majorité sunnite, qui compte
aussi une importante minorité chrétienne (entre 6 à 10% de la
population).
En 2007, le blogueur Karim Amer avait été
condamné à de la prison ferme pour avoir insulté le prophète de l'islam
et Hosni Moubarak, chassé par la rue en février après trois décennies
au pouvoir. Il a été libéré en 2010.
La condamnation de M. Mansour est "encore
une nouvelle violation de la liberté d'expression" en Egypte, où
l'armée est chargée d'assurer la transition démocratique, a déclaré Heba
Morayef, une chercheuse de l'organisation Human Rights Watch (HWR).
"C'est très grave", a-t-elle ajouté,
rappelant que les organisations de défense des droits de l'Homme
demandaient "depuis longtemps" le retrait de la loi "très vague" en
vertu de laquelle M. Mansour a été condamné.
"Condamner quelqu'un sur la base d'une
telle disposition va avoir un effet glaçant sur le débat politique,
parce qu'il y a eu de larges discussions sur le rôle de la religion dans
l'Etat", a-t-elle ajouté.
Les islamistes, qui pourraient remporter
les premières élections parlementaires organisées depuis la chute de M.
Moubarak, demandent que la commission chargée de rédiger la nouvelle
Constitution maintienne un article stipulant que l'islam est la
principale source du droit dans le pays.