De nombreux
sites découverts au Maroc permettent de retracer la vie de l’homme
durant cette longue période. La visite du Musée Archéologique de
Rabat nous renseigne davantage sur cette évolution, physique,
intellectuelle et technique.
Les premieres traces
Des outils en pierre ont été trouvés
sur tout le territoire, appartenant à la grande culture acheuléenne
du Paléolithique Inférieur, bien connu en Europe. Les plus anciens,
découverts récemment dans la région de Casablanca par une équipe
maroco-française, sont datés de 700 000 voire 1 million d’années.
Mais l’homme contemporain de ces premiers bifaces n’y a pas
encore été découvert. Les plus anciens restes humains actuellement
connus ne datent que de 250 000 ans. Ce sont des Homo erectus, découverts
dans les carrières de Casablanca et à Rabat.
Deux crânes, mis à jour dans une mine près de Safi, au jbel
Irhoud, appartiennent à des Homo sapiens archaïques, très proches des
Néanderthaliens d’Europe. Sur le site a également été trouvé un
outillage connu en Europe sous le nom de « moustérien ».
Datation actuellement acceptée : 100 000 ans.
Des avances technologiques
Un homme plus évolué apparaît
il y a 40 000 ans. Inventeur d’une pointe pédonculée particulière
à l’Afrique du Nord, la « pointe atérienne » qui pouvait
se fixer sur un manche de lance ou de javelot, l’homme atérien
connaissait l’usage du feu, pêchait, ramassait des coquillages
et se montrait également habile chasseur. Vivant dans des grottes,
notamment autour des villes actuelles de Rabat et Tanger, il
savait aussi construire des coupe-vents ou tentes et peaux de
bêtes.
S’est ensuite développée la civilisation dite « ibéromaurusienne »,
qui s’est maintenue jusqu’au début du Xème millénaire av. J.C.
Les Ibéromaurusiens utilisaient un outillage plus sophistiqué formé
de petits silex montés en série. Ils enterraient leurs morts,
pratiquaient la trépanation et prenaient soin de leurs malades.
Au Maghreb, une nouvelle race venue de l’est semble avoir pris
place vers le début du VIIème millénaire av. J.C. Ces hommes appelés
Capsiens, ont joué un grand rôle dans le peuplement de l’Afrique du
Nord et sont considérés comme des Paléoberbères. Même si la
civilisation capsienne, comme c’est probable, n’a guère pénétré
sur le territoire marocain, elle a eu une influence certaine.
L’art apparaît avec les Capsiens, qui décoraient des oeufs
d’autruches et sculptaient de petites figurines. Avec leurs
descendants, devenus pasteurs et agriculteurs, commençait
l’utilisation de la pierre polie et de la poterie.
Selon certains auteurs,
c’est à eux que l’on doit également l’épanouissement de l’art
rupestre en Afrique du Nord.
L’agriculture, l’élevage et la poterie
Ces nouvelles techniques
arrivent au Maroc vers la fin du VIème millénaire av. J.C. Les sites
les mieux connus se trouvent dans le Nord-Ouest du pays. Leurs occupants
élèvent bovins, moutons et chèvres, et leur poterie s’apparente à
la poterie dite « cardiale », du pourtour méditerranéen.
Un autre courant néolithique est arrivé dans les régions
méridionales du Maghreb par le Sud-Est, la bordure Nord du Sahara,
à une époque où le climat était nettement plus humide qu’aujourd’hui
(à la fin du VIème millénaire av. J.C.). ces éleveurs de bœufs,
accompagnés de leurs troupeaux, avançaient lentement. Or le
dessèchement progressif du Sahara rendit leurs conditions de
vie de plus en plus difficiles, et les obligea à remonter vers
le Nord, vers la fraîcheur des montagnes et les hautes vallées
verdoyantes.
L’arrivée des métaux
La présence de vases campaniformes
(des gobelets en forme de cloche renversée) dans de nombreux
sites le long de la côte atlantique marocaine indique l’arrivée
des « guerriers du cuivre » dans le pays, au milieu
du IIIème millénaire av. J.C.
Au cuivre succéda le bronze. Le Maroc a-t-il connu son propre
« âge de bronze »? les preuves incontestables d’une métallurgie
ancienne font actuellement défaut, mais ce n’est pas impossible. En
effet, les gisements de cuivre étaient nombreux, même si l’étain se
révélait plus rare. Témoins de l’importance de l’utilisation du métal
pour ces populations, les gravures de poignards et de hallebardes dans
le Haut Atlas, dont certaines sont des représentations fidèles
d’armes trouvées en Espagne.
L’entrée dans l’histoire
Toujours est-il que le style de vie
néolithique a perduré longtemps et c’est l’arrivée des Phéniciens
sur les côtes marocains au VIIème siècle av. J.C. qui fait entrer
le pays définitivement dans l’histoire.
Susan Searight & Danièle Hourbette « Gravures rupestres
du Haut Atlas » Ministère du Tourisme, Ed. Belvisi Casablanca
1992
Headquarters:
Amazigh World (Amadal Amazigh), North America